Depuis mon retour d'Australie où j'ai vécu un an, l'urgence d'une fabrique poétique du vivant a imposé dans le travail un regard sur des préoccupations passées : celles du végétal et de sa temporalité. En particulier, les figures de l’arbre, de ses racines (au sens polysémique) questionnent notre rapport à la terre et au care. Le work in progress des œuvres regroupées sous le titre Refuge(s) sous-entend une dimension politique plus globale dans les questions écologiques actuelles. Refuge(s) est l'espace de différentes approches mêlant photographies, vidéos, scuptures en porcelaine, et installations.
In progress...
Photography Ismaël Duboys
Aussi loin que tu pourras, Vidéo 1.12 minutes, Turquoise Bay (Australie), juillet 2023 - Projet en cours Refuge(s), images Ismaël Duboys
Petite fille je passais mes étés, près de l’océan dans un lieu qu’on appelait le Porge « brûlé » (région Aquitaine). Outre le fait que cette plage était isolée, loin des plages surveillées, elle portait ce nom car en juillet 1989, été de canicule et de sécheresse, un incendie ravagea 3 800 hectares de pins, laissant place à un paysage noir : la forêt meurtrie mettra plus de dix ans à se reconstituer (avant d’être frappée à nouveau par la tempête de 1999). Ce lieu excentré du tourisme balnéaire est un point d’attache très fort pour moi. Mon père y avait entre autres pour habitude de récupérer des morceaux de bois échoués sur la plage. Il les trainait dans le sable avec des cordes trouvées par les rejets de l’océan, jusqu’au parking de la voiture pour les accrocher sur son toit. Ces « laissés pour compte » de la mer se transformaient en futurs bancs et tables de la maison familiale. Je suis retournée l’été dernier en 2024 à ce Porge brûlé et j’ai commencé une collecte de cordes, ficelles rejetées par l’océan (cette partie du Porge bien que davantage fréquentée est restée toujours à part : ni surveillance, ni nettoyage de la plage y sont effectués). J’ai aussi demandé à mes proches, amis, voisins de me donner des bouts de corde leur appartenant dont ils n’avaient plus l’utilité (épaisse, fine, longue, courte, lisse, rugueuse…). Je les ai tous annotés du prénom de la personne, datés du jour du don et suspendus au plafond de mon atelier. Cette collection intime constituera une installation future. En process elle fait partie intégrante de l’ensemble du projet Refuge(s).
CLIQUEZ SUR LE SYMBOLE + POUR ACCÉDER AUX DIFFÉRENTES PAGES (NE PAS APPUYER SUR "CONNEXION")
Copyright textes et images Judith Avenel 1996-2025 Tous droits réservés.